Une biodiversité remarquable

Forêt alluviale

Les forêts alluviales se composent des habitats de la saulaie blanche et de la chênaie-ormaie-frênaie ainsi que des divers stades de transition. Ces habitats ne présentent pas en tant que tels de sensibilité forte à la fréquentation du fait des difficultés de pénétration en leur sein, de plus la forte présence de bois mort sur pied et de laisses de crues inhérentes et indispensables au bon fonctionnement de ces écosystèmes peuvent être des facteurs limitants à leur fréquentation pour des raisons de sécurité.

Nombres d’espèces des directives usent de ces espaces comme habitat, c’est le cas des coléoptères saproxyliques (Pique-Prune, Lucane Cerf-volant, Rosalie des Alpes et Grand Capricorne). De plus les cavités au sein des arbres morts et dépérissant hébergent des chiroptères (Barbastelle, Murins…) durant la période de reproduction. Le Castor d’Europe peut user de ces espaces en zone d’alimentation en bordure immédiate de Loire et d’Allier ou plus profondément quand les conditions hydrologiques le lui permettent.

La sensibilité de ces boisements est essentiellement axée sur les nidifications d’espèces d’oiseaux dans les cavités (Pic noir, Pic mar, Pic cendré) ou dans les cimes (Milan noir, Cigogne blanche, Aigrette garzette, Bihoreau gris), les ardéidés et ciconidés étant particulièrement sensibles à une fréquentation proche des sites de reproduction.

Rappelons que la forte présence locale de ces habitats n’en amoindrie pas leur caractère prioritaire des directives, et au contraire accroit la responsabilité locale dans la préservation de ce complexe d’habitats pour les sites Natura 2000 de l’axe Loire-Allier.

 

Prairies et pelouses sur sable

Les habitats secs sur sables présentent, sur les sites, une répartition morcelée et une grande vulnérabilité. Cette menace repose essentiellement sur des facteurs anthropiques du fait des modifications de l’élevage, engendrant une diminution drastique du pâturage en bord de Loire et, par abandon, la fermeture progressive des milieux ouverts dans une dynamique forestière. L'incision du lit de la Loire et la régulation des crues accentuent ce phénomène en bloquant la régénération naturelle de ces espaces.

Habitat prioritaire, les pelouses sur sables souffrent également par endroit d’une surfréquentation et d’une destruction directe du cortège végétal. Les engins motorisés, le prélèvement de sable déstructurent les végétations et les sols, quand les dépôts sauvages de déchets verts transforment l’habitat par eutrophisation.

Les espèces exotiques envahissantes peuvent également impacter fortement ces habitats, c’est le cas avec l’expansion  des Renouées asiatiques et du Robinier faux-acacia.

Le Corynéphore, la Fétuque à longues feuilles et l’Armoise champêtre sont les espèces caractéristiques de ces pelouses ligériennes.

L’Oedicnème criard, l’Alouette lulu et la Pie-grièche écorcheur peuvent y trouver des habitats de prédilection pour leur reproduction.

La faible représentation de ces habitats sur les sites oblige donc à la meilleure prise en compte de ces espaces dans les activités. Bien qu’une fréquentation modérée ne soit pas défavorable au milieu, ce milieu fragile doit être protégé des dégradations directes et une information du grand public au respect de ces zones est indispensable.

 

Annexes fluviales

Essentielles au bon fonctionnement de l’hydrosystème ligérien, les annexes hydrauliques (boires, gours, bras morts, mares) sont également l’habitat de vie et de reproduction de nombreuses espèces.

Parmi les nombreux amphibiens potentiellement présents, le Triton crêté est le seul porté à l’annexe I de la directive Habitats-Faune-Flore. Sa reproduction dépend directement de la bonne santé de ces annexes. De même, la Cistude d’Europe occupe ces espaces. Nombre d’espèces d’oiseaux y trouvent refuge et alimentation tout au long de l’année, de même que Castor et Loutre.

La Marsilée à quatre feuilles, fougère aquatique et unique végétal objet de la directive Habitats-Faune-Flore présente sur les sites, trouve son habitat favorable au sein de quelques gours du val d’Allier.

Ces habitats fragiles sont sensibles aux pollutions et à l’envahissement par les plantes exogènes. Cependant, leur richesse est un atout pour la sensibilisation du public. 

 

Lit vif

Le lit de la Loire et de l’Allier présente une dynamique active et les bancs de sable et grèves accueillent une population animale exceptionnelle.

Les Sternes naines et pierregarin, nidifiant à même le sol, sont excessivement sensibles à la pénétration sur les îlots sableux. De plus, le passage à proximité des sites de nidifications étant source de dérangement pour les adultes nicheurs, une attention particulière doit être apportée aux itinéraires de circulation sur l’eau.

Les Guêpiers et Hirondelles de rivages fréquentent les falaises érosives et la fréquentation du surplomb de celle-ci peut être source de dérangement dès lors qu’il devient régulier et important.

La mise en valeur touristique du lit vif doit prendre en compte le facteur dérangement sur les espèces ornithologiques inféodées aux grèves et aux falaises afin de minimiser l’impact de la fréquentation.  Cette prise en compte se traduit par des itinéraires adaptés en fonction des nidifications avérées et des méthodes d’observation à distance plutôt que rapprochée.